Vanessa Tugendhaft, le diamant sur le fil

 

Bon, ouvrez grand vos yeux & vos oreilles, car ce qui suit va vous plaire mes chéris !
J’ai eu le grand honneur d’être invitée à la soirée privée de Vanessa Tugendhaft vendredi 3 août dernier. Ca y est, c’est dit ! Maintenant, je peux me calmer. Pas la peine de réfréner ce sentiment de jalousie qui vous envahit, c’est tout à fait normal. Je le serais à votre place !!

Si la majorité d’entre vous connaît Vanessa, je dois avouer que ce n’était pas mon cas, …enfin jusqu’à il y a peu (vraiment “out” la fille ! °_° je sais.). L’envie de la rencontrer date de mon interview avec Clio GoldBrenner en voyant le fruit de leur collaboration : un Clio serti d’une rose en diamant, édité en série limitée. Pas mal me suis-je dit alors.

La suite &

L’envie réelle de m’offrir l’une de ses pièces m’a prise un matin en découvrant sa collection alors qu’ une fois de plus à la bourre, je courrais depuis une bonne minute à en perdre haleine sur mes petits talons aiguilles qui raisonnaient plus forts que le bruit de la circulation environnante alors que mon sac d’ordinateur qui menaçait de se déchirer à chacun de mes déhanchements. J’étais sur le boulevard de Waterloo (en face de la Porte de Namur) ;  aux environs du numéro 10, quand mes yeux se sont arrêtés sur le nom de Vanessa Tugendhaft à travers la vitre d’une bijouterie haut de gamme (oui, mesdames, ce fameux sixième sens a encore frappé!). Les articles en exposition étaient juste magnétiques. Simples, élégants, brillants & si fins. Ils m’ont fait oublié la réunion qui avait commencé sans moi depuis 2 minute chez mon client. « VF », voilà les initiales qui se lisaient sur ce bracelet en fil rouge orné d’une rose en diamant comme celle que j’avais vue sur les sacs de Clio. To do vital: rencontrer cette jeune créatrice!

L’invitation à sa soirée privée est arrivée comme une belle surprise.
La jeune créatrice belge, bien plus connue en France qu’en Belgique,  profitait de l’évènement mode « La Nuit du Zoute » à Knokke-Heist pour présenter les nouvelles pièces d’une collection qui cartonne depuis quelques années maintenant. L’heure trente (1h30) de route qui me séparait d’elle & ses bijoux n’aurait pas pu me décourager ni m’empêcher de m’y rendre.

Quand je suis arrivée sur place, aux Galeries ARTIS où elle avait installé ses quartiers généraux, j’ai été accueillie par tout un staff qui veillait au grain. Soirée privée oblige. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que la dame que tout le monde craignait sur les lieux n’était autre que sa mère qui passait au peigne fin les moindres détails. Pendant ce temps, Vanessa passait des interviews, dans un coin en retrait avec les journalistes. Quelques minutes pour vérifier mon appareil photo, agripper un bic et un cahier (oui, je la fais à l’ancienne…) et me voilà présentée à elle.

En lui serrant la main, je réalise à quel point elle est belle…de manière aussi frappante que ses bijoux en fait (qu’elle soit l’égérie de sa propre marque prenait tout son sens). Nous nous asseyons sur des fauteuils rouges aussi designs que confortables pour débuter l’interview.

 

Bonjour Vanessa, merci de m’avoir accordée cette interview.
Je sais que tu as l’habitude qu’on te pose les mêmes questions, alors je vais plutôt m’arrêter sur un aspect qui m’intéresse tout particulièrement : l’aventure entrepreneuriale derrière cette « success story » qui est la tienne.
C’est chouette que tu me poses cette question car bizarrement c’est assez rare que les journalistes s’y attardent. Pourtant la dimension la plus importante et récurrente dans tout ce que je fais, ne tient qu’à ça : l’esprit d’entreprise. On est comme sur un bateau et il faut faire en sorte que le projet marche, … enfin qu’on avance bien.

Ca fait maintenant sept ans et demi que j’ai commencé cette aventure et je dois avouer que je suis assez fière de ce que j’ai réussi à accomplir. J’arrive presqu’à voir défiler le film de son aventure dans ses yeux. Sa fierté, tout en réserve cependant, reste palpable.
 

Alors raconte-nous tout, comment c’était le début ? D’où t’es venu le concept du diamant sur fil qui reste aujourd’hui ta marque de fabrique ?
Après l’école de commerce, j’ai un jour eu l’idée d’allier le fil & le diamant…c’était une idée toute simple mais je croyais tellement en cette idée. Je pense que le fait d’y croire est déjà un point de départ très très important.

Je voyais des personnes dans la rue arborer un fil au poignet, quelle que soit leur classe sociale ou leur origine…par contre, je ne trouvais pas ce fil très esthétique ni valorisé.

Je me suis dit qu’il faudrait poser un petit diamant sur ce fil pour l’habiller. Beaucoup de gens ont essayé de me mettre en garde en me disant qu’il y avait trop de différence entre un fil, cassable, fragile et quasi sans valeur, et un diamant, certainement la pierre la plus prestigieuse au monde. Pourtant, je me suis accrochée à cette idée avec la conviction que les deux ensembles permettraient surtout de rendre plus accessible le diamant à mes futures clientes. Quelque chose me disait que je devais tester l’idée.
Après mes études donc, je suis partie vivre à Paris pour mener à bien mon projet. C’est là-bas que tout se passe.

 

J’imagine que ce n’était pas facile. Comment t’y es-tu prise pour faire de ce concept une réalité ?
Tu ne crois pas si bien dire. Ce fut très difficile. Tout d’abord, Paris est une ville très active et très fatigante, sans comparaisons possibles avec Bruxelles ou Anvers. La concurrence y est vraiment rude.
Lorsque je suis arrivée sur place, je n’avais que le concept en tête, rien d’autre.  La partie la moins évidente a été de réaliser les premiers prototypes pour pouvoir lancer mon produit.
Je me suis vite retrouvée devant la difficulté de trouver un fil incassable ainsi qu’un moyen fiable de l’attacher au fermoir.  Je me suis démenée comme jamais…mais au bout de quelques mois, j’ai réussi à obtenir un prototype qui tienne la route.

A quoi ressemblaient les premiers modèles ?
Et bien, ils étaient tout simples. Il s’agissait d’un fil rouge avec un petit diamant rond.
Ensuite, bien évidemment, nous avons décliné les modèles de bijoux ainsi que la couleur des fils que nous sélectionnons au gré des saisons et des tendances.


Tu dis « nous » mais qui se cache derrière ce « nous » ?
Et bien une dizaine de personnes, spécialisées dans différents domaines auxquelles je délègue les activités que je menais seule (avec une ou deux personnes) depuis quelques années. Avec la naissance de ma fille « Eva », il m’était impossible de continuer à travailler au rythme soutenu auquel je m’étais astreinte. Moi qui ai du mal à déléguer, j’ai dû engager des personnes pour me seconder et permettre à l’activité de croître. Malgré tout, cela ne m’empêche pas de superviser tout dans le moindre détail. Que veux-tu, je suis comme ça termine-t-elle avec un franc sourire…

 

 Tout ceci ne nous dit pas comment tu as construit ton succès…

Alors là…je vais casser le mythe, et elle me regarde dans les yeux comme si elle allait me révéler le plus vilain des secrets! Une fois les prototypes en main, j’ai fait du porte à porte tous les jours que dieu faisait… je passais ma vie aux abords de l’avenue Montaigne pour faire connaître mes bijoux. C’était galère mais il fallait s’accrocher. Mes bijoux sous le bras, ça ressemblait juste à de la prospection pure et dure. Maintenant que j’y pense avec un peu de recul, j’ai l’impression d’avoir fait le tour de toutes les bijouteries possibles et imaginables. Finalement, ce n’est que par hasard que je suis tombée sur une bijouterie connue qui m’a passé une énorme commande ….et les choses ont ainsi démarré.

Bien sûr, le marketing, par la suite a été, si je puis dire, la partie la plus facile de l’histoire. Bien évidemment, j’ai eu de la chance que la presse féminine ait tout de suite aimé et promu mon concept et ma marque. Les journalistes ‘mode’ ont juste adoré mes bijoux qu’ils qualifiaient à juste titre de joaillerie fine comme on en voyait peu à l’époque. J’avais rendu concret le concept du « skin jewellery » (le bijou que l’on porte toujours sur soi, comme une seconde peau).
Le fait que, par staff interposés, Madonna se retrouve à adorer et porter un de mes bijoux a été l’énorme coup de pouce dont j’avais besoin. La rose aux contours en diamants sur fil rouge de Madonna – a bien évidemment permis d’attirer l’attention sur ce que je faisais. D’autres stars ont commencé à adopter mes bijoux comme signe de distinction, ce qui m’a permis d’asseoir une certaine notoriété en France, en tout cas.

 

Quelles sont les prochaines étapes ?
Ouvrir des boutiques partout, partout partout !! Je viens d’ouvrir ma première boutique à Paris et je suis distribuée un peu partout en Europe, surtout dans le Golfe (aux Emirats & à Dubaï). Nous essayons la côte Ouest – la Californie….et ça marche super bien. Croisons les doigts pour que ce ne soit que le début d’une grande aventure là-bas également.

Dis-moi, tu es ici pour présenter tes derniers modèles, est-ce toi qui les dessine ?
Soyons clairs, je dessine assez mal…pourtant je dessine quand même tous les modèles. Mes dessins sont parfois revus par un des spécialistes de l’équipe quand ils sont un peu compliqués, mais tous sont envoyés à un sous-traitant qui travaille dans le Marais et qui reproduit et produit pour nous toutes les pièces. Il nous arrive de les retravailler dans notre petit atelier.
 

Un dernier mot concernant ta marque …?
Mes parents sont diamantaires,… mais ils sont grossistes. Je suis contente de m’être réalisée dans la joaillerie qui est un tout autre métier… et je pense qu’ils sont très fiers de ce que j’ai pu accomplir par ma volonté.

Oui, ils sont très fiers ! C’est ta maman qui ma l’a dit tout à l’heure ;-)

Allez, impossible pour moi de finir sans te poser des questions  un peu plus ‘girly’. Tu as une peau magnifique, je suis curieuse (à vrai dire nous sommes des milliers à être curieuse) : dis-nous ton secret !
J’adore cette question !!! Je la vois remettre ces longs cheveux en place comme pour se mettre à l’aise… et même temps que ses yeux s’illuminent….Je suis une folle de phytothérapie. Je n’utilise que des huiles essentielles. Aucun produit chimique dans ma salle de bain. Je confectionne toutes mes crèmes moi-même. Je fais beaucoup de recherches sur internet et je m’informer sur la question. Je suis une passionnée (tiens donc ;-)) et depuis que j’ai commencé, je peux difficilement faire marche arrière.

Mon  blog est essentiellement axé sur la mode. Un petit conseil à nous donner également ?
Je pense que pour être stylée, une femme doit porter quelque chose qui s’adapte à ses courbes. Il ne faut pas avoir peur de mixer les matières. En tout cas, en matière de bijoux, je mixe des bracelets très fins avec d’autres pièces qui le sont un peu moins. Elle me sourit à nouveau…alors qu’une personne vient la chercher…mais ne t’inquiète pas Yeba, on continue notre conversation pendant le cocktail. A tout à l’heure.

Clio & Vanessa

 

 

Que vous dire d’autre que j’ai trouvé en la personne de Vanessa une jeune femme vraiment gentille et disponible. J’ai passé une excellente soirée en sa compagnie!! Et le fait de voir Clio arriver avec ses sacs dans les mains n’a été que la cerise sur la gâteau. Une soirée plus qu’inspirante… .

 

Merci!

 

A visiter (attention âmes sensibles s’abstenir), le site officiel de Vanessa: http://www.vanessa-tugendhaft.com/

 

 

 

 

15 Comments

  1. Waw super!!! ok maintenant je ne veux plus qu’une chose : la rencontrer, en plus de porter un de ces beaux bijoux :-). beau boulot Yeba!! xxxxx

  2. yeba

    Merci beaucoup ma belle! Comme je te comprends ;-)! Il faut dire que ces bijoux sont magnifiques…la rose est sur ma wish list ;-)!
    Bisous,
    Yeba

  3. Salut Yeba! Belle interview! J’adore :-) comme celle de Clio où tu axais aussi tes questions sur son parcours, j’adore, vraiment, je trouve ça hyper intéressant et très encourageant pour ceux et celles qui voudraient aussi un jour se lancer dans une telle aventure! Thanks
    Steph

    • yeba

      Bonjour Steph,
      Merci beaucoup pour le compliment. Je suis ravie que l’angle que j’adopte puisse inspirer mes lectrices. Ton intérêt doit traduire une envie de te lancer toi aussi, n’est-ce pas? Que dirais-tu de se rencontrer autour d’un verre pour en parler?! Qui sait, tu es peut-être la prochaine Vanessa ou Clio ;-)

      • :-) c’est vrai que j’ai déjà eu des idées de projets plus ou moins précis, quoique à ce stade franchement plutôt flous… :-) et des doutes et des questions, etc etc, d’où d’entendre ces nanas qui sont parties de “quasi” rien (parce quand même y a le background familial qui est là tant pour Vanessa que Clio), c’est rassurant et motivant :-)! Quand on veut pour un verre, ce serait avec plaisir :-)!

  4. Murielle

    Trés bel interview, bravo.
    Beaux bijoux, je ne le fais pas exprés mais tout ceux qui m’attirent sont les plus chers !
    Pas de chance

    • yeba

      Merci beaucoup Murielle, toujours le petit mot gentil!
      J’espère que tu passes de bel été….moi je dis, cher aujourd’hui mais abordable demain. Le tout est de planifier ;-)

  5. Sandrinalou

    Salut Yeba, aloooors là…je pense qu’on a le CQFD qui confirme que tu dois commencer à postuler pour obtenir une rubrique dans un magazine de mode! Garance n’a qu’à bien se tenir…tu assureras la relève haut la main!!! Si tu ne le fais, on le fera pour toi! Exceptionnelle :-)

    • yeba

      Bonjour Sandrine,
      Ohhhh la la la….mais tu en fais trop comme d’habitude ma chérie. Merci beaucoup. Je suis flattée. Mais à ce rythme, tu vas m’attirer des problèmes ;)
      J’espère que tu te portes bien! Biz,

  6. Véronique

    Je vais faire court mais efficace… Inspirant!! Surtout l’évolution du concept jusqu’à la réalisation d’une entreprise qui fonctionne.

    • yeba

      Coucou Vérionique,
      Je vais faire simple moi aussi: merci….beaucoup!!!
      A mon retour de vacances, on se voit pour cette interview! Ca va être canon!! Je le prédis. Bisous.

  7. Véronique

    J’oubliais… la découverte, d’une entreprise mais aussi d’une personne et d’un “produit”.

  8. ahh Yeba tes articles sont toujours si bien écrite t donne toujours autant envie! Cette plume que tu as est un vrai don. En tout cas un très bel artiste sur cette créatrice’ belge dont nous pouvons être fière.

    Bisous ma belle

    xx

    • yeba

      Ahhh Toni, merci à toi. Je suis très touchée. Qui sait, à force, je finirai pas penser que vous avez raison. En attendant, je dois avouer que les rencontres que je fais à travers ce blog sont clairement le + qui rendent l’expérience réellement enrichissante!
      Bisous poulette!! ;-)

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