Paris Fashion Week – back to the origins

On dit souvent que l’on réserve le meilleur pour la fin. Qu’on se le dise, la Fashion Week de Paris reste la plus prestigieuse et souvent la plus attendue de toutes. Je vais froisser quelques personnes en prenant cette position mais je pèse et pense sincèrement chacun de mes mots. C’est à Paris que l’on attend de vivre l’expérience ‘Couture’ … qu’il s’agisse de Prêt-à-Porter ou de Haute Couture. Après tout, Paris fut le berceau de la Mode, la ville qui a vu naître les plus grands noms de la mode.

Sans vouloir vous endormir avec un cours d’histoire à rallonge (même si je suis convaincue que cela ne fait pas de se rafraîchir la mémoire), il faut quand même rappeler que c’est à Paris, à la fin du 19ème siècle, que s’est ouverte la première boutique de mode, même si celle-ci fut créée par un Anglais, Sir Charles Frederick Worth. Avant lui, les créateurs n’étaient que des couturiers qui prenaient les commandes de leurs clientes fortunées.  Ils ne créaient aucun style ni aucune tendance jusqu’à Worth qui attira l’attention sur ses créations en habillant sa jeune épouse des reliquats de tissus qu’il gardait de l’atelier dans lequel il travaillait. Il ouvrit la voie à Paul Poiret,  lui-même surpassé par Gabrielle Chanel, plus connue sous le nom de Coco (qui décida de libérer la femme des costumes si ‘à la mode’ de Poiret).

La fin de la guerre vit l’apogée de Christian Dior dans les années 50′s, créateur visionnaire et inventeur du “New Look”. Cet homme d’affaire incroyable comprit que, pendant la guerre, la Mode s’était expatriée de l’autre côté de l’Atlantique où le chic’ existait en dehors de la Haute Couture.  Il lança d’ailleurs son parfum en 1947 & une boutique de Prêt -à-Porter à New York.  (Vous me suivez? allez courage, c’est si fascinant.T_T…)
Le successeur de Christian Dior n’est autre que l’illustre Yves Saint Laurent qui pendant les années 60′s & 70′s propulsa le ‘Prêt-à-Porter’ de Luxe a une place qui fera presque de l’ombre à l’élitisme de l’ancien régime en faveur de la Haute Couture.
En moins de 20 ans (de 1970 à 1990), les marques italiennes se firent elles aussi une place et une renommée incontestée.  En 1965, une jeune créateur talentueux, Karl Lagarfeld transforma Fendi, une petite entreprise de maroquinerie en une affaire florissante. Et Fendi elle-même n’était qu’une marque italienne parmi de nombreuses autres comme Armani, Gucci, Cerruti.
Ensuite arrive ce qui arriva, fin des années 80s, la mode devient moins ‘à la mode’. Il se passait pourtant quelque chose au niveau du Prêt-à-Porter, avec des créations extraordinaires de Jean-Pau Gaultier, Thierry Mugler et Kenzo. Karl Lagarfeld entreprit son projet de raviver Chanel pendant que Christian Lacroix faisait défiler des robes flamboyantes inspirées tout droit de sa passion pour l’opéra, le folklore & l’histoire du costume. C’était aussi l’époque du ‘Nouveau Romantisme’. Cette période vit également l’apogée de créateurs Japonais comme les talentueux Yohi Yamamoto et Rei Kuwakubo qui insufflèrent un style plus épuré, graphique et minimaliste.

Tous ces noms que vous voyez font partie de l’histoire de la Mode. Si, par défaut, ils renvoient chacun à un créateur qui a marqué la marque de son emprunte, de sa vision dans le passé,…ce qu’il en reste aujourd’hui et que l’on voit pendant les Fashion Weeks ne sont plus que des Grandes Maisons cherchant à préserver leur prestige (parfois surfait) en habritant de nouveaux talents qui essaient eux mêmes de survivre à la pression qui pèse sur leurs épaules…On en arrive à oublier qu’on  demande à ces créateurs de sortir 3 collections entières et originales (RtW, Croisière & Couture) en moins de 6 mois… un rythme effrenné non sans conséquence.
Suis-je la seule à constater que les défilés Couture ne sont plus vraiment ‘Haute Couture’? que les défilés Prêt-àPorter surmédiatisés manquent parfois d’originalité tout en trahissant avec de plus en plus de transparence des instructions de “tendances” venant d’une instance supérieure qui nous est encore inconnue à nous grand public?   (Comptez sur moi pour investiguer!) et que  dire dire des collections Croisière n’ont pas de raison d’être autre que le besoin de vendre à tout prix?

A chaque fashion week, les yeux de la planète sont rivés sur ces collections qui défilent et qui peut-être imprimeront par leur passage la saison à venir. Une collection réussie, se vend bien sur les red carpets, se retrouve relayée en masse dans les magazines de mode, portée dans la rue par les it-girls et les fashion bloggeusses et finalement vendues en masse chez Zara & H&M…Il est intéressant de voir comme les choses changent. Avec  les réseaux sociaux, la présence de bloggueurs dans le paysage (encore & toujours eux), et l’importance du mainstream …les Fashion Weeks se voient dépossédées de leur caractère exclusif et se consomment en quelques secondes, en quelques clicks, sur Style.com, sur Vogue.fr, …Ce qui était un spectacle autour duquel la magie prenait forme après une longue attente insoutenable avant d’avoir le rapport de Vogue dans les mains, prend un caractère éphémère assez paradoxal. Vous ne touvez pas?  Je suis curieuse.

–> Allez, pour celles et ceux qui préfèrent aller à l’essentiel, ça commence ici!

Il y avait deux défilés vraiment attendus la semaine dernière, celui de Christian Dior après Galliano & celui d’Isabel Marant l’étoile montante. Et je ne crois pas exagérer en concluant que les deux ont un peu déçu.

Commençons donc par Christian Dior (ci-dessus &ci-dessous)!
Inutile de vous dire que la tension était à son comble avant que le premier mannequin n’entamme sa marche. Depuis le départ précipité de John Galliano qui avait imprimé la marque de sa touche flamboyante, exubérante & si ‘Haute Couture’, le pauvre Raf Simmons était attendu de pied ferme et  n’avait pour autre choix que de faire mieux ou de proposer beaucoup mieux dans sa différence.
C’est ce qu’il a fait. Il a opté pour la simplicité.  Revenir à la source, au Style de Christian Dior lui-même,  était finalement un prologue sage et plein de sens pour quelqu’un dans sa position. Les coupes étaient ultra simples mais chic, et les tulles travaillées très bien mises en valeur…bref, pour ma part, le potentiel est là, il ne lui reste que l’espace d’expression.
Pari tenté  mais qui n’a pas forcément convaincu.
J’aimais Galliano chez Dior, beaucoup, mais je pense que le style de Raf Simmons, emprunt de modernisme & de minimalisme, me correspond plus. J’ai d’autant plus d’empathie que je sais qu’il ne disposait que de 6 semaines pour boucler cette collection. Allez Raf, on met un petit coup collier pour la prochaine!

Passons maintenant à Isabel Marant. Inutile de vous rappeler l’hystérie qu’elle provoque chez ses clientes. Est-ce le résultat d’un marketing efficace ou simplement le moment où le style androgyne et les silhouettes libres, indépendantes, rebelles qu’elle propose totalement en ligne avec les besoins de la fashionista actuelle? Isabel Marant a-t-elle raison de nous présenter une collection simple et efficace qui n’aurait presque pas sa place sur un défilé de Prêt-à-Porter ?  Moi je dis pourquoi pas.
Comme le disait ma copine Marta, même les détails des accessoires manquaient d’originalité. Pourtant, cela ne nous empêchera pas de nous ruer sur ses pièces dès qu’elles seront en vente. Isabel Marant est tout simplement dans le Prêt-à-Porter qu’on a envie de porter dans la foulée, qu’il s’agisse des chemisiers, pantalons et jupes cloutés ou de ses imprimés florauxn noirs tatoués de rouge (love absolu). Autant vous dire qu’elle a tout compris.

Rochas, Rochas,….simplicité satinée, voilée ou veloutée fort appréciable. J’ai adoré les silhouettes coupées d’une fine ceinture (à la Elie Saab) et marquées d’un modernisme assez flatteur! Les lèvres rouges mates étaient juste la perfection même.  Mais qu’on m’explique ce foulard !!

Silhouettes graphiques, géométriques et structurées chez Lanvin. Girl Power retrouvé.
Jolie collection cohérente de bout en bout.

 

Avec Dries Van Noten, on est sous le charme des imprimés floraux romantiques & légers en harmonie avec des imprimés plutôt virils à l’écossaise. Le mélange fonctionne bien…et les lèvres rose fushia sur petites lunettes de soleil blanches (comme chez Rochas) nous confirment la tendance make-up qui nous attend et qu’on a envie d’adopter dès demain. 

 

Je terminerai cette série sur le défilé de notre ami Jean Paul Gaultier (l’ex enfant terrible de la Mode).  De retour dans le décallé, il nous offre un musée Grevin façon Catwalk de ses icônes qui ont marqué la scène musicale mondiale dans les années 80-90s.
Alors vous en reconnaissez combien? ;-)

Aie aie, qu’est-ce que suis en retard au niveau de mes posts .  C’est même pas ma faute, j’ai été terrassée par une vilaine crève! Mais rien ni personne ne m’empêchera de partager avec vous le meilleur de la Fashion Week de Paris!
N’hésitez pas à repasser demain pour les plus belles collections:  Chloé, Saint Laurent, Chanel, Stella McKartney,….

xx Yeba

 

4 Comments

  1. Véronique

    Et bien, je te dis merci pour le cours d’histoire…. il fut très instructifs. Je ne connaissais pas tous les détails. Un peu de culture ça ne fait pas de mal!

  2. Murielle

    Me voila enfin, panne d’ordi depuis le w-e passé, disque dur foutu…
    Merci pour tout tes comptes rendus et pour le cours.
    Mes avis :
    Dior : beau, chic, mais gros manque de rêve, d’originalité et de folie créative de Galliano
    Isabelle Marant : à part les 2 premières tenues de la deuxième série de photo, j’accroche pas vraiment
    Rochas : simple
    Lanvin : chic, graphique, j’aime
    Van Noten : pas pour moi
    Gaultier : ouiii j’aime les 95 % de toute sa collection vu sur Vogue
    Pour le jeu, il y a eu du Grace Jones ( ahh les tenues Grace ), du Lennox, Madonna, Michael, Bowie, Culture Club, la vraie Amanda Lear…

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